Entre Toulouse et Agen, avant les grands aménagements du XXe siècle, la Garonne avait la capacité, plus qu’ailleurs sur sa Vallée, de se déplacer latéralement et de s’étaler largement lors des crues. C’est pourquoi cette partie du fleuve est appelée Garonne débordante. Elle possède une richesse écologique remarquable. En effet, la diversité des habitats faunistiques et floristiques est favorisée par la présence de nombreux bras morts issus de la divagation passée du fleuve.
Cependant, le fleuve a fortement été dégradé par les activités humaines, en particulier l’extraction des granulats présents dans son lit. La Garonne s’est fatalement incisée et déconnectée des nombreux petits affluents et de ses annexes hydrauliques : bras morts et zones humides alluviales. Partout l’on peut voir en basses eaux affleurer le socle rocheux du fond de son lit, là où un matelas alluvial était présent.
Le contexte actuel du dérèglement climatique et l’augmentation de la population sur ce territoire exerce des pressions supplémentaires sur le fleuve et sa vallée.
La Garonne débordante devra faire face à des sécheresses plus longues et plus chaudes avec des débits plus bas, plus longtemps en période estivale. D’après l’étude sur la vulnérabilité du bassin de la Garonne face au changement climatique, d’ici 2050 la baisse relative des débits de la Garonne atteindrait -60 % pour le scénario pessimiste et -40 % en moyenne pour le scénario médian.
De plus les pollutions diffuses et le réchauffement attendu de l’eau dégradent sa qualité et compliquent les opérations de traitement de l’eau pour sa potabilité.
À l’inverse des sécheresses, le changement climatique engendre aussi des phénomènes pluvieux extrêmes pouvant entraîner des crues plus intenses, à l’image de celle de janvier 2022.
Ces dégradations accentuées par le dérèglement climatique menacent fortement :
• les milieux aquatiques et la biodiversité présente et, avec eux, la qualité du cadre de vie et les services rendus gratuitement par la nature ;
• l’alimentation en eau du territoire en quantité et qualité : à cause d’une diminution de l’infiltration de l’eau dans la nappe alluviale, les prélèvements en Garonne seront impactés lors des étiages sévères. Or 6 points de prélèvement alimentent en eau potable 112 514
habitants du Tarn-et-Garonne soit 43 % de la population départementale (source sispea 2022). Or, l’infiltration permet une autoépuration naturelle de l’eau : ce bénéfice sera réduit et par
conséquent la concentration des polluant augmentée.
• la vulnérabilité du territoire aux inondations : la capacité de débordement qui dissipe l’énergie du cours d’eau dans des zones non urbanisées a été réduite. Par conséquent les crues à venir impacteront potentiellement d’autant plus les zones habitées